Arprim / Il faut qu’elle sache de Sophie Jodoin

Sophie Jodoin
Il faut qu’elle sache
Arprim — centre d’essai en art imprimé
Du 17 mars au 22 avril 2017


Depuis le 17 mars dernier, Arprim — centre d’essai en art imprimé — présente une exposition au contenu intimiste, par l’artiste montréalaise Sophie Jodoin.

La pratique multidisciplinaire de Sophie Jodoin combine le dessin, la photographie, le texte, le collage, l’objet déniché, et la vidéo. Ici, l’artiste travaille les mots et canalise l’identité féminine, l’absence, et le langage[1].

Dans Il faut qu’elle sache, un livre didactique sur la médecine est intégralement décomposé — ses pages détachées, analysées, notées, puis minutieusement sablées. Seulement quelques mots échappent à cette dématérialisation : il faut qu’elle sache. Ces mots — possibilités infinies — sont les prémisses d’un long récit portant sur une femme anonyme dont on ignore le passé, le présent et le futur.

Par un processus de soustraction, le livre désuet s’amorce différemment. Il s’ouvre à la reconstruction par ses mots initiaux desquels émane un dialogue oscille sans révélation, « sans intrigue et sans dénouement »[2]. Par le procédé de la disparition, les notions deviennent poétiques et les photographies médicales troubles. La figure humaine, la représentation du corps qui est omniprésente dans les productions antérieures de l’artiste, résiste à l’effacement. En transparence, les traces anatomiques submergent du verso des pages et les mots disséminés s’y juxtaposent.

Dans l’espace d’Arprim, quatre-vingts pages sont déployées. Les phrases concises se succèdent et s’enchainent, les unes après les autres, sur une table démesurée qui occupe au long la galerie. La table, bien qu’imposante, est entièrement recouverte d’un grand pan de papier clair qui s’assimile à la blancheur de l’espace. Les pages jaunies et la surface du support instaurent un contraste de matières efficient.

En ce sens, par l’expographie sobre et légère, le contenu de l’œuvre est signifiant, il prime. Lire chacune des pages et chacun des mots devient indéniable, de même qu’inévitable.

Il faut qu’elle sache, une exposition à lire et à voir, jusqu’au 22 avril !

Site web de Sophie Jodoin

[1] Tiré du communiqué de Arprim, Sophie Jodoin, Il faut qu’elle sache.
[2] Idem.


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